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Ce matin je vous emmène voir un phénomène géologique assez rare sur la planète : El Bufadero de Gran Canaria.

On peut traduire le terme de « bufadero » par « souffleur », avec une origine du verbe espagnol « bufar » qui signifie souffler. Un bufadero maritime est un trou souffleur.

El Bufadero de Gran Canaria est absolument à voir si vous venez en visite sur notre île.

Il est situé sur le littoral de la commune de Telde, dans le quartier de bord de mer de Hoya Pozuelo. Coordonnées GPS 28º0’10.913’’N 15º22’27.394’’W.

Lorsque vous arrivez à Hoya Pozuelo, se rendre en bord de mer au parking mirador del Bufadero. Depuis le parking un chemin cimenté, accessible aux personnes à mobilité réduite, mène à la promenade de bord de mer située une vingtaine de mètres en contrebas. Vous arrivez à la plateforme mirador. Depuis ce mirador on ne voit pas le trou Del Bufadero, par mer calme. Par contre si la mer est fortement agitée avec une houle importante, vous voyez la projection des colonnes d’eau sortant de la surface des rochers en contrebas et vous entendez le souffle puissant de l’air projeté au travers de la roche.

Par temps calme il est possible de s’approcher du trou. Un petit chemin permet de descendre relativement près. Après le chemin aménagé on peut continuer en parcourant les rochers et arriver au bord Del Bufadero.

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Là on découvre qu’il y a deux puits.

Attention à la mer et à la houle ! Ne vous aventurez pas sur les rochers par forte houle, les vagues vous emporteraient. Je vous déconseille de vous approcher sur les rochers avec des enfants, même si la mer est très calme. Le spectacle est à apprécier depuis la plateforme du chemin de bord de mer.

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Ces puits sont en fait d’anciens tunnels de lave. Ces tunnels se forment lors des éruptions volcaniques. Les coulées de lave se durcissent en leur surface et plus rapidement, lorsque la coulée entre en contact avec l’eau de mer. A l’intérieur de la coulée, la lave continue à s’écouler dans un tunnel. Lorsque l’éruption est terminée, la production de lave s’arrête et le tunnel se vide, la lave encore liquide se déversant à la sortie dessous le niveau de la surface de la mer. Il en résulte un tunnel vide de diamètre variable.

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Ensuite commence le travail de sape par la mer. Les coups de houle, dessous la surface, vont agir comme des coups de bélier. Si le tunnel ne s’est pas obturé à son débouché, l’eau va remonter dans le tube et par l’effet de pression de la houle jusqu’à faire sauter la partie la plus faible du plafond. Ensuite le cycle se répète sans fin. La houle pressurise l’entrée sous-marine du tunnel, fait remonter l’eau qui jaillit avec force par l’ouverture du plafond du tunnel.

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Quand la houle se retire il se forme une dépression dans le tunnel et la surface de l’eau dans le puits se retrouve plus basse que celle de la mer. Par cet effet de succion l’on peut également entendre le bruit de l’air aspiré par les trous de la roche autour de l’orifice du bassin. Puis à nouveau la houle pressurise l’orifice du tunnel et l’eau remonte avec force et bruit.

Ces projections de colonne d’eau et d’embruns avec ce bruit de mugissement ne peuvent pas être nommées geyser. Un geyser est le résultat de la transformation de l’eau en vapeur au contact de la lave. Cette vapeur d’eau entre en pression et jaillit par les orifices de la roche.

Aujourd’hui la mer est très calme et je n’ai pas l’occasion de saisir avec mon appareil photo ces projections en hauteur d’eau de mer. Par contre ce calme me permet de m’approcher au plus près du trou d’eau et d’observer en toute quiétude la montée et descente de la mer dans ces cavités. Le rythme régulier du mouvement et le bruit de l’air pulsé s’apparentent à une respiration donnant vie à la masse figée de la roche.

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