Diaporama: AGAETE – BARRANCO DE AGAETE

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C’est par une douce chaleur de mi-décembre que je vais découvrir aujourd´hui la vallée de AGAETE, au nord-ouest de l’île.

Je viens souvent à AGAETE pour me promener dans son port et bord de mer de PUERTO DE LAS NIEVES. Mais jusqu’à ce jour je n’avais jamais exploré l’intérieur de la côte de cette localité. Je traverse la ville pour sortir en sa périphérie est par la GC-231. La direction m’est indiquée par deux panneaux précisant EL VALLE et LOS BERRAZALES. Les gorges de AGAETE sont constituées de deux zones géographiques. La partie profonde dans la montagne, zone de LOS BERRAZALES, et la partie large du débouché des gorges dans la zone de EL VALLE jusqu’à la mer. Ces montagnes ont deux périodes géologiques. Une première remontant à 14 millions d’années, même âge que le massif du GRAN CANYON aux U.S.A, et une seconde datant de 3 à 4 millions d’années.

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La route remonte la vallée par la gauche. J’effectue une halte profitant d’un renfoncement de la chaussée. Le spectacle est un ravissement. En contrebas de la route la vallée offre une zone large de terres cultivables. Les agriculteurs sont en cours de labour. Cette vallée possède une richesse agricole. Beaucoup de terres arables et une pluviométrie assez abondante avec un ensoleillement procurant une chaleur constante. Son orientation sud-est la protège des vents alizés nord-est.

 

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Dans cette partie de la vallée se récoltent les mangues, les agrumes, les goyaves, les bananes, les kakis. On y cultive le vignoble ainsi que le café. On y pratique également la cueillette de la figue de barbarie rouge mauve appelée en GRAN CANARIA tuno indio.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Face à moi les montagnes de l’autre versant sont d’un vert foncé prononcé. Les sommets s’enchaînent en ligne.

 

 

 

 

 

 

 

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La partie montagneuse au-dessus de moi, sur le versant de la route, quant à elle offre une variété de tons différents dans les verts selon la variété de plante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je reprends ma route et quelques kilomètres plus loin j’atteins le petit bourg de LOMO DE SAN PEDRO. Ce village marque le passage entre la vallée basse et les gorges hautes. Il est surplombé par l’arrête rocheuse de EL ESPIGÓN qui présente la particularité de posséder des grottes à sa pointe. Depuis mon point de vue je regarde l’agglomération de VECINDAD DE ENFRENTE située sur l’autre bord de la vallée au pied massif de la montagne du parc naturel de TAMADABA. Ce parc naturel abrite une forêt de 7500 hectares de pin canarien autochtone. C’est une zone protégée déclarée réserve de la biosphère par L’UNESCO. 

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Je poursuis mon itinéraire et entre dans le domaine des gorges dénommé LOS BERRAZALES. Bien que la voie soit un peu plus étroite, le revêtement est en parfait état. J’entame les premiers lacets qui mènent au sommet de la MONTAÑA DE LAS VUELTAS. Juste avant le premier lacet je découvre un bâtiment fermé avec écrit sur son fronton : BALNEARIO. Il est flanqué par deux corps de bâtiment d’une ancienne entreprise de mise en bouteille. Je suis intrigué de savoir qu’en ce lieu ait existé un établissement de station thermale. Je continue, passe le lacet de route et 100 mètres plus loin j’atteins un autre bâtiment en cours de chantier de restauration et ayant l’aspect d’un hôtel à l’architecture du premier milieu du XX siècle tout comme celui de la station thermale situé en contrebas. Réellement intrigué je stationne mon véhicule et m’approche de l’édifice. C’est une construction de deux niveaux en façade avant et trois niveaux en façade arrière. L’hôtel semble rejoindre la station thermale en contrebas. J’aperçois un responsable de chantier et piqué de curiosité je vais discuter avec lui afin d’en savoir plus. L’homme est sympathique et semble réjouit que je m’intéresse à l’ouvrage. Il m’explique l’histoire de ces lieux. A la fin du 19e siècle un ouvrier agricole chargé de nettoyer les alentours de la source d’irrigation s’est rendu compte que l’eau de celle-ci qu’il buvait lui faisait un grand bien physique. La nouvelle se répandit et les habitants des hameaux voisins commencèrent à consommer cette eau. Rapidement ils s’aperçurent aussi que son usage leur procurait des bienfaits. Une analyse révéla des qualités chimiques médicinales.

Au début du XX siècle, la famille Armas entreprit de construire un petit hôtel nommé LA SALUD. Cet hôtel existe toujours et à ce jour il appartient au Conseil Général de Gran Canaria (Gobierno de Gran Canaria). Il est situé à 300 mètres d’où nous sommes et a été reconverti en centre de réhabilitation des services de santé. Il fut rebaptisé CASA ESPERANZA.

En 1925 la famille Juan Suárez García lance la construction d’un nouvel hôtel, le bâtiment actuellement en rénovation, de 4 niveaux et baptisé PRINCESA GUAYARMINA. En 1929 la famille Armas entreprend la construction de la station thermale qui sera connectée directement avec l’hôtel PRINCESA GUAYARMINA. L’ensemble de la station thermale connu un grand succès auprès des touristes, principalement des pays nordiques. En 1954 l’acteur Marcello Mastroianni y séjourna lors du tournage du film TIRMA. Puis dans les années 1960-70 le site tomba dans l’oubli suite au changement des coutumes d’un nouveau tourisme attiré par le soleil et le sable des plages. Le développement et le marketing des stations thermales d’Europe marquèrent la fin de la vie du site de LOS BERRAZALES. En 2015 l’entreprise de construction Hermanos TITO a racheté les bâtiments et est à l’ouvrage pour rénover l’ensemble et ouvrir à nouveau l’hôtel. Les travaux ont débuté en février 2018 et devraient durer 2 ans.

Voilà une très bonne nouvelle. Un nouveau tourisme rural est né depuis quelques années et ce type d’hôtel au milieu d’une nature préservée trouve un grand succès. Nul doute que je serai dans les premiers à loger dans ce nouvel hôtel. A retenir !

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Je poursuis ma route, dépasse le centre de réhabilitation de CASA ESPERANZA et je traverse le BARRANCO DE LOS RIOS pour monter jusqu’au mirador de LA MONTAÑA DE LAS VUELTAS qui surplombe les deux gorges. Sur ma route je croise un cycliste qui descend. Un petit parking me permet de me garer pour profiter de la vue depuis le mirador situé de l’autre côté de la chaussée. De tous côtés le paysage est splendide. Je suis au-dessus des gorges et entouré de montagnes boisées de pin canarien. La vue est dégagée et le soleil est généreux. Au loin je vois la mer et à l’horizon l’île de TENERIFE avec son volcan le TEIDE.

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Depuis mon lieu d’observation je constate que la route se poursuit jusqu’au point de naissance des gorges. Je n’hésite pas à continuer la découverte de la région et redémarre mon véhicule pour cet ultime tronçon de voie goudronnée. Quelques minutes après j’atteins le terme de la route et me stationne au parking dessous le hameau de EL SAO. Ce parking est le lieu de départ de plusieurs chemins de randonnée dont certains mènent jusqu’aux lacs artificiels situés au-dessus du parking. L’espace est aménagé avec un abri taxi. Le numéro de téléphone de la station de taxis de AGAETE est affiché.

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Je suis surplombé par les massifs montagneux. Dessous ma position deux fermes agricoles sont construites sur les premiers terrains cultivables de ces gorges. Je suis très content d’avoir découvert et exploré cette partie montagneuse du nord-ouest de l’île. Le début de l’après-midi est entamé et satisfait de ma visite je reprends ma route pour aller déjeuner en bord de mer.

Je recommande à tout le monde l’excursion de cette région surtout par temps clair et ensoleillé. La meilleur période est du mois de novembre jusqu’à mai pour profiter de la multitude des tons verts. Un paradis pour les randonneurs.        

 

© Copyright 2019 Richard SANDER